Flux
Articles
Commentaires

C’est une émission diffusée dans le Grand Journal de Canal+, que j’affectionne particulièrement…

C’est cadré, rapide, tumultueux, authentique… on s’y retrouve tous un peu, forçément… ça me rappelle mes dix années à Paris… ça me fait rire…

Bref, j’aime beaucoup…

Alors sur ce concept je vais vite vous faire un tour d’horizon familial. Vous dire que je vous remercie, vous, qui êtes là à me lire… qui m’avez attendue… qui vous êtes inquiété… je ne sais pas quoi dire, j’étais tellement dans ma vraie vie…. Je vous connais si peu et vous semblez tant me connaître. C’est touchant et destabilisant à la fois… de savoir que vous passiez encore ici…

Bref, je vous remercie du fond du coeur, vraiment…

Sinon ça va plutôt bien, hormis une quarantaine avancée… qui commence à ressembler à un contrôle technique au fur et à mesure que je vais chez le médecin pour un bobo viral… serait-ce le résultat d’années de stress typiquement propre à mon esprit tordu?  De cogitation maternelle suite à la naissance de Manon? Suis-je en train de payer tout ce que j’ai gardé en moi? Mince… pourtant je l’ai vidé ici, mon sac… et je croyais bien faire…

La facture est salée. Check up… rien de grave.

Bref, je vais avoir 43 ans et je suis à l’âge où je dois rectifier le tir… (je vais reprendre Dukan, résolution 2012!)

Les filles grandissent. La première passe son bac L en juin. La deuxième est en troisième, vit avec sa dyspraxie, se donne à fond. La troisième se bat avec une encoprésie fuyante qui a laissé des traces anorexiques, légères…

Bref, ça va plutôt mieux qu’avant. Et je savoure ce répit.

Je suis toujours nounou, à fond. Et je vois là aussi que je vieillis. Plus la même endurance physique. Mental ok. J’adore mon boulot. Mais je ne peux m’empêcher chaque jour d’admirer les femmes qui deviennent mères à la quarantaine. J’en serais incapable. Après une journée passée avec les trois loulous, j’ai pas besoin de berceuse le soir. Une vraie loque qui ronfle devant le “Kohlanta” du vendredi soir, moment en famille pourtant sacré avec les pop-corns et le coca… c’est bien simple, pour cette saison, j’ai pas vu une seule fois qui a été éliminé (j’y ai survécu, je vous rassure). Comment font-elles pour les nuits, les bibs, les pleurs nocturnes??? Médaille, chapeau… je ne pourrais plus, c’est clair…

Bref, je me marrais de voir mes beaux-parents dormir devant ‘Thalassa” quand j’avais dix-huit ans. Ca y est, j’y suis… ça devait bien me tomber sur le coin du pif un jour…

Nous avons toujours notre petite vie bien réglée comme vous le voyez… rien n’a changé, si ce n’est qu’on est encore plus fusionnel qu’avant… et qu’on a l’impression de devenir de vrais “ours”… tellement on se suffit à nous-mêmes… on aime notre vie, on se contente des bonheurs tout bêtes du quotidien. On se réjouit autant d’une soirée plateau télé/pizza et DVD blottis à cinq avec nos bougies, nos boissons chaudes, nos carrés de choc et notre spitz sur les genoux… que d’une journée à Disneyland prévue en avril… ou que d’une virée au salon de la BD à Angoulême à la fin du mois…

Bref, on est pas compliqués…

C’est certainement grâce à cela qu’on mène plutôt bien notre barque.

Bref, ça roule.

Je vous souhaite à tous et toutes une très Bonne Année 2012.

Bref, soyez heureux!

Routine

Ca y est, c’est parti mon kiki. Les emplois du temps scolaires sont pratiquement définitifs et mon cerveau de mère débordée arrive à peu près à les mémoriser. Je commence à prendre mes repères avec mes nouvelles gardes d’enfants. J’arrive à peu près à me lever le matin à 6h15 sans trop de mal, mais je loupe pratiquement chaque fin de film le soir.

Bref, on y est. Tout est ré-amorcé.

J’aime pas septembre, mais une fois que la machine infernale est lancée, ma mélancolie s’estompe. Les couleurs de l’automne me rappelle combien j’affectionne l’odeur des feuilles mortes et des châtaignes. J’apprécie le contraste des rosées matinale et nocturne, par rapport au semblant d’été qui règne en journée… je mets des touches d’orange et de marron dans la maison. Je re-mijote la soupe au potiron tant adorée par ma plus jeune fille. J’enclenche tous les rdv de médecins que j’ai eu la flemme d’honorer entre juin et septembre, comme si la sur-médicalisation du reste de l’année me donnait le droit à un répit…

Je suis repartie pour une année scolaire. Tout simplement…

C’est chargé d’appréhension mais quand le cap est passé,  je repars dans le vif de l’action.

En même temps je ne peux m’empêcher de penser que le temps file à grande vitesse. Ma fille aînée, Julie, passe la deuxième partie de son BAC L en juin 2012 et il me semble pourtant que c’était hier que je la voyais partir s’asseoir sur le banc de sa classe de maternelle, avec la gorge serrée et le pas intimidé…

Hier soir nous avions la réunion de la classe de troisième de Manon. Ca a parlé brevet, stage, orientation, futur lycée…

Zoé est en cinquième et pourtant son corps longiligne, et sa fragilité apparente me font oublier qu’elle a bientôt 12 ans…

Pris dans le tourbillon, je réalise combien on vit en ce moment nos derniers moments de vie à cinq… moments que je croyais acquis… que je voyais s’améliorer avec les années car vivre avec trois adolescentes offre une joie de vivre et un bonheur sans nom. Ce bonheur, je le visais tant quand j’étais épuisée par la petite enfance de mes trois blondinettes, par leurs maladies chroniques, par le dévouement maternel que cela impliquait… je me souviens être allée manger des fois chez des amis à nous, souvent plus agés que nous et dont la progéniture se situait entre 8 et 15 ans. J’arrivais avec mes trois filles, l’énergie de la plus grande, la lenteur inexpliquée de la deuxième et le stade nourrisson de la dernière. J’étais heureuse de profiter d’un moment convivial, d’un bon repas. De découvrir une belle maison où tant de projets avaient été investis alors que Jenfi et moi vivions en location et en appart. La décision de prendre un congé parental depuis la naissance de Manon avait bouleversé notre équilibre budgétaire. Je regardais cette famille évoluer et je me demandais quand est-ce que la vie m’accorderait ce même repos d’esprit (des enfants autonomes et en bonne santé)… quand est-ce que j’aurais un répit financier et un espoir d’avoir un vrai chez moi (je rêvais de maisons typiques de banlieue parisienne, coincées au fond d’une impasse, dans une cité dortoir non loin d’un parc d’attraction américain)… ce moment n’est jamais arrivé et je pense que j’ai accepté cet état de fait au fil du temps. Par fatalité. J’ai décidé que le bonheur était ailleurs et que même si durant toute mon enfance tourmentée, j’avais rêvée à la famille idéale, à la maison avec jardin et au chien réconfortant que je n’avais jamais eu… je n’étais pas si loin du compte.

J’ai une famille formidable. Je pense que la seule chose qui est difficile pour moi, et que je paye aujourd’hui, c’est le manque de tranquilité d’esprit. Et l’absence de libre arbitre. J’ai l’impression de ne jamais avoir eu le choix de rien… que j’ai toujours dû “faire avec”…

En même temps, on ne récolte sans doute que ce qu’on a semé…

Plus je vieillis et plus je me dis que la vie n’est faite que d’opportunités, de décisions prises au bon moment… plus j’avance, et plus je prends les “rdv manqués” comme un signe, comme quelque chose qui ne devait pas se faire parce qu’il y aura mieux après…

J’avais tendance, jeune, à provoquer les choses pour bâtir la vie que je voulais. J’ai eu tout faux. J’aurais dû laisser faire le hasard. J’étais pleine de hargne et de revanche à prendre sur une enfance volée… j’avais cru bon de me jeter dans une espèce de réparation, que moi seule était capable d’enclencher… de par ma volonté de sortir de mon contexte familial…

Plus ça va, plus je me dis que j’ai eu tort.

Arf, la quarantaine et son besoin de bilan, la croisée des chemins… le fameux carrefour de la moitié de vie déjà entamée… et l’envie de ne pas louper ce qui reste à faire…

Si seulement j’étais sûre de pouvoir un peu penser à moi, dans les années à venir…

Tant de gens me disent que la fatigue nerveuse, les soucis, l’angoisse, agissent sur la santé et que je me promets de beaux jours si je continue à veiller sur ma progéniture comme une mère effarouchée…

J’aime le conseils de ceux qui ont des enfants en bonne santé….

La vie continue…

En attendant, je me réjouis du salon Animasia qui approche et du stand de BJD que tiendra ma Julie…

….De la visite de ma famille bretonne, puis normande à la Toussaint… je re-décore la maison, le jardin, par des touches insignifiantes de peinture, de verdure…Je me vide la tête en balladant ma chienne dans les herbes hautes du parc à côté de chez moi… à défaut de m’inscrire dans une salle de sport… je regarde des DVD quand mon corps n’en peut plus et m’oblige à l’inaction, à l’absence de ménage dans la maison…

Je mène une vie simple quoi… pleine d’amour et de fusion familiale…

Je mène ma barque quoi, du mieux que je peux…

Rentrée

Ce mot me donne le blues, chaque année. Je ne supporte pas la rentrée des classes, ce qu’elle génère en énergie, en rythme, en anxiété… en frais. J’ai lu quelque part que celles et ceux qui vivaient mal ce moment de l’année, reportaient leur propre angoisse de rentrée scolaire, vécue dans leur enfance… comme si c’était de vieux souvenirs de maux de bide et de peurs de l’inconnu, qui revenaient à la surface…

Pas faux.

Je ne fais pas partie des mamans qui crient un grand “ouf” quand les vacances se terminent. Ma progéniture ne m’a jamais posé souci, qu’elle soit petite en âge, ou grande. J’ai toujours aimé voir mes filles se reposer le matin, les entendre descendre à pas de chats pour prendre le petit dej, les cheveux en bataille… les sentir là, près de moi. Prévoir des sorties promenade, ciné, shopping ou visite chez des amis ou des membres de la famille… ne pas avoir d’heure pour manger, se laver…

Prendre le temps, les voir évoluer… c’est un bonheur si simple mais si important pour moi.

Là il va falloir courir après le temps… manger à heure fixe… gérer le renouvellement du Plan de scolarisation de Manon (sa dyspraxie étant enfin reconnue, j’ai plus de cartes en mains pour l’aider, mais aussi plus de contraintes médicales à assurer)… je n’ai plus l’énergie d’avant pour recommencer, je me sens lasse. J’aimerais que tout s’enchaîne comme dans une famille normale. Sans me dire qu’il faudra re-convoquer le médecin scolaire, réunir les profs pour les mettre au courant des difficultés de Manon… j’ai des devis à faire pour l’achat d’un netbook par la MDPH, une ergothérapeute à re-contacter vers janvier, quand les aides aux soins seront octroyées… un kiné à revoir chaque mercredi…

Avant je fonçais, me reboostais.

Là j’ai plus envie.

Marre.

J’ai décidé d’aller à la piscine le mercredi matin, une heure. Pour éliminer ma rage.

Je pense que je suis en rébellion.

Contre quoi, j’en sais rien. Mais ma coupe est pleine en ce moment. Et j’aimerais bien savoir pourquoi maintenant… et pas avant….?… ou plus tard?…

Je savais qu’un jour les forces m’abandonneraient. Ca arrive juste à un moment de ma vie où je ne peux pas tout envoyer en l’air… remettre les pendules à l’heure… changer de cap…

Je me sens comme emprisonnée dans une cage… un rôle… à vie…

Peut-être que c’est ça, avoir 42 ans. C’est faire le bilan. Et refuser ce qui ne va pas… parce que le temps file…

Toujours est-il que je sais ce qui cloche. A moi de trouver les moyens de continuer ma route, sans penser à mes choix personnels…

C’est ça le souci. C’est que pour la première fois de ma vie, j’ai envie de penser à moi… et rien qu’à moi…

Back

Back from holidays…. back from my retirement…

Back tout court…

Je suis revenue, d’un peu partout. Pas forçément plus en forme, ne vous attendez pas à une nouvelle Véro, je pense qu’il faut faire une croix là-dessus. En vieillissant, on s’améliore sans doute, on s’embête moins avec les broutilles. On va droit au but et on se dit qu’au milieu du chemin, il serait temps qu’on profite de la vie. Ca c’est sûr. Je suis moins prête à recevoir des conseils, des “Tas qu’à faire ceci ou cela”… J’ai passé l’âge, je crois. Mais pour le reste, je suis toujours la même.

Je pense même que je ne cherche plus à changer : Pourquoi faire, et pour qui?

Je me le demande. J’ai passé ma vie à tenter de voir en l’autre un minimum de considération, d’approbation. Je cherchais une lueur dans le regard d’autrui qui me confirme que je suis “quelqu’un de bien”… j’avais besoin de ça pour avancer. A l’heure d’aujourd’hui j’ai perdu ce besoin de plaire à tout le monde. J’ai fait le deuil de ça. Difficilement, c’est sûr, car des fois cette lueur n’est jamais venue dans le regard de ceux que j’espérais. Tant pis. C’est comme ça. Mais ça m’a fichu un coup. Malgré tout.

Hier j’avais rdv au CAMSP (le service qui suit les grands prémas à l’hopital de Bordeaux)… rdv annuel, pour reconduire le programme d’aide scolaire de Manon (Davantage de temps pour les évaluations, dispenses de certains sports, etc…)… et pour relancer aussi l’allocation d’handicapée que nous touchons pour faire sa kiné, la psy, etc… Ca c’est bien passé, comme prévu. On repart en croisade encore pour cette nouvelle année scolaire (elle rentre en troisième)… on espère tomber sur des profs compréhensifs… on relance la MDPH pour que l’allocation couvre l’emploi d’une ergothérapeute…. (avec le temps que ça prend pour statuer, on aura sans doute l’aide de l’ergo pour son entrée au lycée… arf, ce serait déjà  bien)… bref, la routine. Même si c’est jamais une partie de plaisir. On vit avec le “handicap” chaque jour de notre vie. On l’apprivoise, on arrondit les angles. C’est d’autant plus facile quand c’est un “handicap” invisible, que nous sommes les seuls à décéler, à accompagner, nous, la famille proche de Manon. Néanmoins, j’ai de plus en plus de mal à justifier ce handicap. A expliquer pourquoi Manon fait ceci et pas cela…

J’en ai marre. Plus l’envie ni la force. Avoir enfin un papier officiel de la MDPH depuis mars dernier a bouleversé ma sympathie, ma facilité à brouiller les pistes. Avant ce papier, je faisais tout pour que le quotidien de Manon soit facilité, usant de ruses, de petits trucs pour que tout semble normal aux yeux de notre entourage, et pour que Manon soit épanouïe… ça demandait beaucoup d’effort, de sang froid… je prenais ça à mon compte, étant mère au foyer depuis sa naissance, j’avais eu le temps d’apprendre ce rôle… je laissais volontiers les autres me prendre pour une mère sur-protectrice, une louve, une flippée… (j’avoue être de cette race, néanmoins… mais tout de même, j’avais le dos large des fois, comme on dit chez moi…)… c’était bien que je sois le bouclier de Manon. Du moment qu’elle allait bien, peu importe ce que je prenais en réflexions. C’était pas si grave. Et puis après tout, on n’avait aucun diagnostic, on nous donnait juste le mot “séquelles de grande prématurité” comme carte de visite et on devait faire avec… j’avais aucun moyen de défendre ma façon de l’élever.

Le jour où on vous annonce dyspraxie, comportement de type autistique, qu’on vous verse une alloc handicapée, ça change les paramètres. Tout le château de cartes s’écroule. On ne veut plus faire semblant que tout va bien.

Bizaremment, je n’étais plus apte à en prendre plein la tronche.

En gros depuis mars, je ne supporte plus qu’on me taxe de protectrice, de flippée, de mère qui empêche l’autonomie de ses enfants. Je suis très en colère. Je n’arrive pas à comprendre que cette étiquette soit toujours là alors qu’un papier officiel de la MDPH prouve que je n’ai pas adopté cette attitude pour rien.

Je suis fatiguée d’être lisse, gentille, aimable.

Entendre encore que la personnalité de Manon est en partie le résultat de mon éducation me blesse énormément. Avant je le tolérais, maintenant je le rejète en bloc. Pourquoi me faire porter cette responsabilité? Est-ce si dure pour un membre de la famille d’admettre un tel diagnostic? est-ce plus facile de croire que j’ai freiné son évolution de par ma sur-protection, que d’admettre qu’elle ne sera jamais comme tout le monde?

Je veux souffler.

Je le fais depuis trois mois, j’ai comme des ailes qui ont poussé dans mon dos.

Je suis soulagée d’un tel poids si vous saviez… je me sens si libérée…

Le souci est que le regard des autres sur mon rôle de mère est le même.

C’est d’autant plus dur quand ce sont des proches.

J’ai dû taper fort, chialer, expliquer, dire ce qu’on avait enduré… et que desormais, je ne veux plus qu’on soit sur mon dos…

J’espère juste qu’on ne me taxera pas de dépression, de craquage.

Car c’est tout sauf ça.

En fait, c’est comme si tout commençait enfin à aller bien… pour moi… mais pas pour les autres, qui ont enfin la preuve que Manon n’est pas une enfant comme les autres… c’est comme si le ciel leur tombe sur la tête…

Pas simple…

Mais fallait s’y attendre…

News

Premièrement, tout va bien. Là-dessus, aucun doute. Je n’ai pas pris le large suite à un souci familial. Nous sommes en forme, et à la limite, c’est à cause de ce bien-être, que j’en ai profité pour déserter la blogsphère, et vivre à fond…

Je sais, c’est égoïste. Ca laisse présumer que je n’écris et ne donne des nouvelles que dans le desespoir, les coups durs… et que quand ça m’arrange… Ce n’est pas totalement vrai. J’aime aussi écrire quand tout va bien, même si j’en tire quelques scrupules… quelques difficultés à avouer que je n’ai rien à déplorer…  ma relation au “bonheur” est encore des fois bien compliquée… c’est sûr…

Les filles vont bien. L’une (Julie) passe son BAC en ce moment et le gère plutôt pas mal (elle passe 4 épreuves cette année, et fera le reste en terminale l’année prochaîne. C’est ainsi pour sa section L. C’est comme “coupé en deux”…)… celle du milieu attend avec impatience les vacances car elle montre des signes de fatigue et de ras le bol face aux performances qu’on attend d’elle. Elle se donne du mal, mais a des fois envie de lâcher prise. C’est bien normal. Les séances avec la psy donnent de bons résultats. Elle commence à comprendre qu’il faudra partager certaines parties de sa vie avec autrui, s’ouvrir aux autres. Ce n’est pas forçément la chose qu’elle aime faire mais elle se plie aux règles… docile, vaillante. Comme toujours avec Manon… la dernière (Zoé) a fait une bonne sixième malgré une adaptation difficile à ce monde d’ados dont elle se sent exclue (elle mesure 1m32, pèse 28 kgs)… elle peste contre la bêtise de certains à la traiter de bébé et à la chahuter plus que les autres. Elle a du répondant en temps normal, puisque c’est une personnalité colérique et intransigeante… mais c’est uniquement envers nous qu’elle reste elle-même. Paradoxalement, elle s’efface au collège…

Je finis donc l’année scolaire en ayant le sentiment d’avoir été un “punching ball“… j’ai servi à évacuer beaucoup de tensions scolaires, de rogne contre certains individus, de fatigue morale et physique… je trouve que j’ai pas mal géré ce rôle. Il faut dire que Manon a énormément fait d’effort d’autonomie cette année, comme pour me laisser m’occuper de sa plus jeune soeur. Ca m’a soulagée. Je ne pouvais pas être partout… surtout que Zoé pompe beaucoup mon énergie, tant elle est excessive…

Et puis j’en avais plus envie non plus (d’être partout)… il m’arrive de vouloir qu’on me laisse un peu souffler… car j’ai besoin de changer d’air. De reprendre des forces. Je sais trop combien l’arrivée de la classe de troisième, avec le stage professionnel et le brevet qui l’accompagnent, va être un bouleversement pour Manon… je ne sais pas trop à quoi m’attendre, vu les progrès relationnels qu’elle effectue en ce moment. Je reste donc confiante, mais réservée…

Je sais que Manon peut vite partir en vrilles quand elle se sent incapable d’y arriver…

Let’s see...

Chaque chose en son temps, comme on a coutume de dire… Voilà ma nouvelle philosophie. Pour l’instant, la prochaîne étape se résume en un mot : “vacances”. Nous allons nous ressourcer en Catalogne. Départ dans 17 jours… nous allons profiter de la mer et du soleil, nous reposer… il sera bien temps d’attaquer la rentrée avec la “lourdeur” et la “grisaille” qui risquent de l’accompagner : Classe de Terminale pour Julie, Troisième pour Manon, Cinquième européeene pour Zoé, nouveau boulot et nouvelles horaires pour Jenfi, nouveaux contrats de garde d’enfants pour moi…

Nous avons vécu un répit. Là, depuis janvier.

Ca nous a fait un bien fou.

Il nous reste deux petits mois à savourer, encore…

Ensuite, il va falloir reprendre les aléas du quotidien et des changements de vie qu’il comporte.

Promis, je me sens de nouveau d’attaque à vous faire partager tout ça…

En tout cas, merci de m’avoir attendue…

Excuse à deux balles…

Je ne donne plus de signe de vie. Pourtant il s’en passe des choses dans mon quotidien. Mais j’ai comme le sentiment que la banalité des faits n’ont plus rien à faire ici…

Donc je reste silencieuse. A vivre ma vie de maman comblée, d’épouse, de nounou… que vous avez appris à connaître…

Néanmoins, écrire me manque. Et comme on dit, plus on attend, plus c’est dur de s’y remettre…

J’ai donc trouvé un moyen de voir si l’inspiration était toujours là, en moi, en ouvrant un nouveau blog… plus ludique, moins prise de tête… et surtout moins intimiste… il a pour sujet la nouvelle boule de poils qui partage notre vie…

J’ai fait 6 billets en 24h… profitant de ma journée de repos… une vraie vorace de “mots”… de choses à dire…

Je pense que du coup, j’ai compris combien j’étais en manque d’ici… et de vous…

Donc promis, je reprends du service. Je choisis mal mon moment, je suis bientôt en vacances d’été. Mais dans un sens, ça me permettra de vous en raconter un peu plus à mon retour…

(A tous ceux et celles qui passent encore ici, merci d’être là… toujours…)

Quoi de neuf?

Bah rien, que du vieux, j’serais tentée de dire…

Ca va. Si on considère le tremblement de terre au Japon, le nuage nucléaire qui va passer au dessus de nos têtes demain (si si, ils ont dit demain, aucun risque qu’il soit passé avant voyons…), la guerre en Lybie, la montée du Front National… je peux affirmer que tout va bien chez nous.

J’applique la méthode du “On ne peut pas se plaindre vu ce qui se passe dans le monde, hein?”

Ouais. Je relativise. Tous ceux que je croise en ce moment et à qui je demande “Comment ça va?” me répondent d’emblée : “Arf, bah on a quelques soucis mais de voir les infos, bah on relativise tu sais…”

Ok, relativisons…

Je vous disais donc, que du vieux… si ce n’est que :

On a des nouveaux pensionnaires poilus à la maison : une rate bleue US (une Ratatouille quoi, faites pas exprès de pas comprendre… allez, rappellez-vous… y a eu l’effet Némo, tout le monde a acheté un aquarium et a mis dedans le poisson fétiche que leur gamin réclamait à corps et à cris, hein?… pis y a eu l’effet Ratatouille (un peu tardif je l’avoue, mais bon, fallait le temps de faire les bons croisements génétiques…)… et donc, ma Julie, elle rêvait d’une Ratatouille femelle… et hop, rêve exaucé)…

Elle est mignonne cette rate. Adorable. J’étais sceptique, je l’admets. Je suis un peu de l’ancienne génération qui pense que rat = égoût, saleté, longue queue rebutante, bestiole vecteur de microbes, etc… bref, j’avais des à prioris, comme on dit. Mais je ne suis pas quelqu’un qui campe sur ses positions. Je veux bien qu’on m’apporte la preuve que j’ai tort. Si si. Je laisse la chance aux autres de me prouver que je me plante…

Et bah là, je me suis bien plantée. Cette rate domestique est une sacrée petite boule de poils. Elle répond à son prénom (bon ok, à une intonation)… elle fait ses besoins dans sa cage, jamais sur les épaules de ma fille sur lesquelles elle peut passer deux heures à dormir… Elle ne ronge rien (ah enfin un rongeur intelligent! Tous mes anciens lapins nains, chinchillas, octodons m’ont bouffé les fils électriques, plinthes et plasticages de leur cage!!!)… elle nous lèche les mains…grince des dents quand elle jubile… joue avec les peluches qu’on lui tend… non mais sans blague? C’est quoi ce bordel?

Je suis vraiment bluffée.

Tellement bluffée que j’ai craqué à la demande de Zoé qui voulait aussi une rate (arf, elle fait tout comme sa grande soeur…) en argumentant faiblement : “Non t’es trop jeune pour t’en occuper seule, je suis ok pour des souris par contre”…

Et vlan, deux souris femelles sont venues compléter cette frénésie d’achat de rongeurs dits détestables, infréquentables…

Je comble. J’anticipe en fait. Notre chienne est atteinte d’une maladie paradontale qui s’aggrave… tous les antibios donnés depuis neuf mois, date de son dernier détartrage, échouent lamentablement et amplifient l’odeur nauséabonde de sa bouche pendante…

On tient le choc parce que la conduire chez le véto pour l’euthanasier est au dessus de nos forces pour le moment… on sait que ses organes vitaux sont en forme. C’est tout de même inconcevable de la faire piquer pour une fichue infection buccale qui touche maintenant les deux yeux et les oreilles…

Mais va falloir qu’on prenne une décision, rapidement. Le véto nous a dit qu’il attendait notre signal.

Pour l’instant, on se voile la face et on se détourne du problème en gazouillant devant une rate bleue et deux souris bicolores…

Comme on dit chez moi, on est pas en progrès, hein? … on régresse, on s’infantilise…

Serait-ce une façon de survivre à la réalité… de ne pas regarder les choses en face… de se mettre dans une bulle et de nier le contexte extérieur?

Sans doute.

Dites-moi, vous faites quoi vous pour ne pas déprimer devant les infos?

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.